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Critique: Trance

Trance, c’est le retour au cinéma de Danny Boyle après sa case théâtre avec l’excellente adaptation du mythe de Frankenstein et la fameuse cérémonie d’ouverture des JO de Londres  l’année dernière qui nous a révélé que le réalisateur le plus punk de sa génération était capable de douceur et d’humour quand il le voulait.

Mais 127h, dernier long métrage du réalisateur, datant déjà de 2010, la caméra démangeait notre bon Danny qui n’avait qu’une seule hâte, nous remettre sur le cul avec de la violence, du sexe et des twists tordus lui qui affectionne particulièrement toutes ces petites choses au cinéma.

Voici le synopsis:

Commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice du gang de Franck pour voler un tableau d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Dans le feu de l’action, Simon reçoit un violent coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où il a caché le tableau. Ni les menaces ni la torture ne lui feront retrouver la mémoire. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de découvrir la réponse dans les méandres de l’esprit de Simon …

Avec ce film, Danny Boyle revient à ce qu’il sait faire de mieux, nous accrocher à notre siège avec peu de moyen mais beaucoup d’intelligence. Car Danny Boyle, sale gosse du cinéma britannique qui a su prouver qu’il pouvait être consensuel et grand public ces derniers temps (cérémonie des JO, Slumdog Millionaire) n’est jamais aussi bon que dans les petits films indépendants, sombre et violent (cf Trainspotting, 127h, 28 jours plus tard) alors qu’en tentant de plus grandes aventures au cinéma, il s’est toujours complètement foiré (cf Sunshine, pourtant un très bon film ou encore La Plage).

L’histoire commence sur les chapeaux de roues avec ce braquage pour voler une toile de Goya, à la fois basique mais prenant, le film commence de manière classique. Enfin pas tout à fait, Simon, le personnage de James McAvoy regard dirigé vers le spectateur et s’adressant directement à lui nous raconte un peu l’histoire des braquages dans le domaine de l’art et comment le commissaire-priseur doit réagir dans ce genre de situation.

On comprend tout de suite par le biais de Simon que Boyle veut jouer avec son spectateur et qu’il va le manipuler du début à la fin de l’histoire. Pour cela tous les moyens sont bons, montage électrique, cadres fous, images léchées, photographie stylisée à l’extrême, musique rêveuse et nerveuse (du génial Rick Smith) scénario en forme de montagne (poupée ?) russe…

Boyle veut nous proposer une expérience hypnotique (tant mieux, c’est un peu le sujet) et il va réussir son coup. Car ce banal braquage extrêmement réaliste digne d’un film sur la mafia va très vite se transformer en jeux de chat et de la souris entre Simon et son hypnothérapeute, puis en triangle amoureux pervers… Le film est résolument un hommage aux films noirs… extrêmement lumineux qui ne recule devant rien pour plonger dans la psyché des personnages, voyage dont on se passerait bien quelques fois.

James McAvoy y est juste impressionnant, probablement son meilleur rôle à ce jour en type tout ce qu’il y a de plus normal mais cachant bien son jeu, alternant magnifiquement la folie pure et la banalité en à peine 5 secondes.

Vincent Cassel fait… du Vincent Cassel, c’est-à-dire son éternel rôle de mafieux français macho, brute de décoffrage qui s’intègre plutôt bien à l’histoire (mais il serait temps pour Vincent de songer à jouer d’autres rôles, ne serait-ce qu’une fois pour voir car franchement à part l’arrogant violent de service, est-il capable de jouer quoi que ce soit d’autre?).

Mais la palme revient à Rosario Dawson qui expose à tous ses talents d’actrice dans ce rôle d’hypnothérapeute embringué dans cette histoire de fou mais qui ne se laissera pas si facilement faire.

Si je devais résumer le film, je vous dirais que Trance est une sorte d’Inception en mode série B/film noir pop dopé aux amphétamines sans les considérations philosophiques. Ça ne veut rien dire mais l’esprit y est.

Pour conclure, je ne parle pas trop de l’histoire car il ne faut surtout pas révéler les différents ressorts de l’histoire (j’y suis allé sans voir une fois la bande annonce), ce film est un petit bijou, une claque que la maitre Boyle s’amuse à donner aux spectateurs dans tous les sens du terme (combien de réalisateur ose aujourd’hui faire du nude frontal, du gore et des scénarios alambiqués à ce point ?).

Esthétiquement électrisant, montrant une gestion du rythme sans faille, Boyle réussit peut être une des meilleures surprises de l’année démontrant une maitrise et une indépendance artistique à tous les niveaux pour nous livrer encore une fois un divertissement de qualité.

Si je devais trouver un défaut au film, ce serait le défaut inhérent aux films à twist, à vouloir perdre les spectateurs pour mieux les surprendre, on risque de réellement les perdre et le film est doté de nombreux rebondissement donc allez le voir en forme et concentré. Mais promis vous ne le regretterez pas !

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