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Critique: The Great Gatsby

The Great Gatsby était on peut le dire un film pour le moins attendu. Seconde adaptation du livre de F. Scott Fitzgerald au cinéma par l’australien Baz Lurhmann comptant autant de fan que de détracteur (mais ne laissant jamais indifférent) après l’échec d’Australia et faisant l’ouverture du festival de Cannes.

Voici le synopsis:

Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Pour commencer, je tiens à dire que je n’ai pas lu le livre et que je ne connaissais pas du tout l’histoire à part les lignes précédentes, donc je ne suis pas à même de juger de l’adaptation même.

Gatsby m’a réconcilié avec Lurhmann après son très mauvais Australia. On y retrouve la patte du réalisateur de Moulin Rouge, avec son exubérance, sa mise en scène tape à l’œil, son montage épileptique, la grandiloquence et le kitch des décors et des costumes ainsi que la fameuse BO anachronique autour de laquelle la promotion du film s’est faite.

Pour ceux qui n’aiment pas le cinéma de Lurhmann, autant le dire tout de suite, n’allez pas voir le film, c’est un concentré de tout ce qu’il a pu réaliser auparavant. Si vous êtes fans ruez-vous dans les salles, vous devriez adorer.

Après, y a de très bons points et des moins bons.

Dans les bons points, la reconstitution du New York de 1920 est géniale, l’ambiance fiévreuse des fêtes de la haute société, le bouillonnement et l’euphorie avant l’orage de la guerre et de la crise sont époustouflants. Les décors et les costumes sont sublimes, on en prend pleins les yeux devant ce chatoiement de couleur et de matière, ces multiples détails présents dans chaque coins de cadre, on sent qu’il y a eu un réel boulot de recherche pour nous inclure dans cette époque de débauche.

Ensuite le casting qui est excellent. DiCaprio était né pour ce rôle, lui qui a toujours alterné les rôles de jeune premier et les personnages torturés, son Gatsby est un mélange de charisme, de bagout, de mystère, à la fois sympathique et distant. Ce rôle pourrait résumer sa carrière et il y excelle comme à son habitude. Le seul à pouvoir voler la vedette à Leo est Joel Edgerton, qui dans son rôle de « rival » de Gatsby est prodigieux, tout en subtilité, profondément humain campe un Tom Buchanan à la fois touchant et irritant.

Par contre, moi qui d’habitude défends toujours Tobey Maguire, je ne l’ai pas trouvé extraordinaire en narrateur de l’histoire, que j’ai trouvé trop en retrait et sans réel point de vue par rapport à l’histoire et aux autres personnages.

Quant à Carey Mulligan, sublime actrice à suivre de très près, je l’ai là encore trouvé un peu trop en retrait et ayant au final un personnage plutôt inconsistant qui se laisse porter par le cours des évènements. Les réalisateurs ont tendances à la faire jouer des rôles de muse du personnage principal ce qui n’est pas l’idéal pour nous exposer ses talents d’actrice. Les autres personnages sont trop peu présents pour pouvoir parler des acteurs.

La mise en scène de Lurhmann est excellente, on rentre vraiment dans l’univers des années 20, sa débauche de moyen pour nous montrer les orgies de ces nouveaux riches entre en complète logique avec l’étalage de richesse des personnages. Le montage est nerveux (trop ?), les travellings sont clipesques au possible (surtout pendant les fêtes), on retrouve le décalage si cher au réalisateur de Moulin Rouge et Romeo + Juliette.

Comme pour chacun de ses films précédents, cette formule du film d’époque modernisé au maximum dans ce style flamboyant frôlant sans cesse le mauvais goût et le bling bling alterne entre scènes géniales et scènes dont on se demande pourquoi elles ont été tournées ? Car oui un beau plan juste pour avoir un bon plan, ça ne présente franchement aucun intérêt et le film regorge pas mal de plan de ce genre (je pense à la scène de l’accident qui est d’un mauvais goût sans nom et qui n’aurait dû être que suggéré plutôt que faire une scène digne d’une pub pour du parfum).

Il en va de même pour la musique, tâche confié à Jay Z qui nous livre quelques musiques collant parfaitement à cette ambiance recherché (je pense aux chansons de Lana Del Rey, Jack White et Bryan Ferry) et d’autres dont on se demande ce qu’elless fabriquent dans ce film (Fergie, WillIam, Jay Z himself).

Mais là où le bât blesse vraiment, c’est à propos de l’histoire. Je ne sais pas s’il faut en imputer la faute à Fitzgerald ou à Lurhmann qui l’a adapté, mais l’histoire est lente (le film dure plus 2h30), tourne souvent en rond et est répétitive. Si comme moi vous vous attendiez à une fresque sur la vie de ce self made man, il n’en n’est rien. En réalité l’histoire de ce Gatsby n’est pas si géniale que ça puisqu’il s’agît d’une « simple » histoire d’amour.

Alors oui l’histoire est belle mais de là à tenir 2h dessus probablement pas (le film peut se voir amputer 1/2h sans problème). Surtout que les personnages secondaires sont fades voire inexistants, que l’usage du conteur externe est mal employé.

Et surtout, si l’on sent que l’histoire va au-delà de cette relation amoureuse, que ce court moment de la vie de Gatsby est en réalité un prétexte pour dresser un portrait d’une société américaine décadente qui court vers sa perte, il n’est jamais complètement exploité. Que ce personnage même, qui  est un symbole de l’american dream à l’extérieur est pourri à l’intérieur va plus servir de fil narrateur qu’autre chose dans le film. Le film va même tenter de montrer les dessous de ce monde de rêve ou se cache derrière un monde de crasse et de pauvreté qui s’étend de plus en plus aux portes de la ville.

Mais toutes ces pistes sont balayées rapidement pour revenir sur cette romance.

Ainsi, là où l’on pouvait s’attendre à un récit un peu plus politique ou une romance poétique au sein d’une société folle comme dans Moulin Rouge, on a le droit à un beau film et c’est tout.

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