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Critique Oblivion

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Oblivion, film de SF dont on a probablement le moins parlé en cette année 2013 plus que chargé pour le genre (Star Trek Into Darkness, After Earth, Elysium, Pacific Rim, Cloud Altlas, Gravity pour n’en citer que quelques-uns), marque le retour de Joseph Kosinski pour son premier film original après sa suite/reboot de Tron qui était plutôt réussi malgré un scénario faiblard.

J’attendais le film avec impatience car je suis un très grand fan du style du monsieur puis le film marquait le retour de Tom Cruise à la SF après La Guerre des Mondes.

Voici le synopsis de l’histoire:

2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui.

 

Oblivion n’est que le second film de Kosinski mais il confirme son statut après Tron Legacy de magicien surdoué de la caméra et de créateur de monde visuel épuré. C’est simple, pendant 2h, on en prend pleins les yeux, les paysages désertiques islandais censé représentés une Terre ayant vécu l’apocalypse sont sublimés par des plans chiadés plus beaux les uns que les autres.

On sent la patte du réalisateur, les cadres sont extrêmement travaillés, l’esthétique des décors, des véhicules ou des drones… Le film est un réel laboratoire d’expérimentation pour le plasticien qu’est Kosinski, donnant lieu à une représentation de la Terre post-apocalyptique encore jamais vu au cinéma, d’une beauté à couper le souffle avec ces ruines new-yorkaises qui dépassent des montagnes de cendres radioactives.

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Je ne parlerai même pas de la photographie belle à pleurer de Claudio Miranda, qui pour moi à l’heure actuelle est probablement le meilleur directeur de la photographie à Hollywood. L’usage de la nouvelle caméra de Sony, la CineAlta F65 se ressent, capable de filmer en 4K avec une puce de 8K, le rendu est d’une précision et d’une netteté incroyable. Voici un petit schéma ci-dessous pour vous montrer à quel point le 8K est supérieur à tout ce que nous connaissons, c’est l’équivalent de l’Imax sur pellicule.

Le 1080p est l'équivalent d'un bluray sur votre télé, je vous laisse imaginer le reste.

Le 1080p est l’équivalent d’un bluray sur votre télé, je vous laisse imaginer le reste.

Le background est d’ailleurs magnifiquement présenté en à peine 3 minutes avec une succession de plan larges pour nous montrer l’état de notre planète. La maitrise du storytelling est impressionnante pour un 2ème film et confirme pour moi que ce réalisateur est à suivre de très près car il lui manque très peu pour avoir tout d’un grand.

Ce « peu » il consiste encore une fois dans le scénario maladroit du film. Il faut reconnaitre à Kosinski (qui est aussi le scénariste du film) son ambition de vouloir proposer un film de SF tiré d’une idée originale, avec un univers crédible créé de toutes pièces et de ne pas céder à un simple film d’action, ce qui devient de plus en plus la norme à Hollywood. Le premier acte du film est sublime, il expose l’univers et le quotidien des personnages, assez lent et contemplatif sans pour autant être ennuyeux une minute.

Les problèmes commencent à se poser dans le 2ème acte, lorsque le personnage d’Olga Kurlyenko débarque dans ce petit monde rangé. Déjà un des « gros » twists du film sera deviné par n’importe quel fan de SF en moins de 5min et sera donc décevant, surtout qu’il est longuement expliqué par des flashbacks pendant toute la première partie du film.

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Passé cette déception, le film accélère à 2000 à l’heure et le problème se pose de comprendre les évènements qui vont s’enchainer lors de l’acte final. Il faut reconnaitre que l’intrigue surprendra quand même 2 ou 3 fois, des révélations étant au contraire parfaitement amenées. Mais le film possède un gros problème de rythme, après une longue exposition il va enchainer twists et scènes d’action pour se terminer sur un final WTF et un incompréhensible.

Autant l’un des enjeux du film est surligné 10000 fois, autant des questions extrêmement importantes sont balayées en 30 secondes sans nous laisser le temps de comprendre ce qu’il se passe. Si le scénario pompe sur toutes les grandes idées SF de ces 50 dernières années au cinéma (on pensera à Terminator, Wall-E, Matrix, Promotheus, 2001 pour le final) ce qui n’est pas dramatique en soi car la création c’est du repompage malin par-ci par-là, le film donne l’impression d’être un mélange bordélique de multiples références qui se termine par un gout d’inachevé.

Néanmoins, le film n’oublie pas d’apporter un peu d’émotion et d’empathie envers les personnages et de nous délivrer plusieurs messages de science-fiction (recherche de la vérité, combat homme/machine, message écolo, fin du monde…) somme toutes classiques.

Je serais curieux de voir un director’s cut du film ou au moins le commentaire du réalisateur pour comprendre certains éléments du film qui me paraissent beaucoup trop survolé pour que cela soit volontaire.

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En tout cas, si le scénario est le point noir du film, il peut se targuer pour le reste d’être exemplaire. Le casting est solide, Tom Cruise fait du Tom Cruise comme à son habitude mais faut le reconnaitre qu’il le fait extrêmement bien. La grosse révélation du film est pour moi Andrea Riseborough  qui hérite d’un rôle pas évident mais qui s’en tire à merveille. Olga Kurlyenko s’en sort pas mal non plus, même si son rôle est plus classique. Les deux actrices répondent bien à la présence omniprésente de Cruise. Quant à Morgan Freeman et Nikolaj Coster-Waldau (Jaime dans Game Of Thrones) ils sont excellents mais leurs rôles relèvent plus de la figuration qu’autre chose.

Un mot sur l’OST composé par M83 (cocorico): comme l’esthétique du film, c’est une tuerie, Anthony Gonzalez ne fait pas du M83 classique mais compose des thèmes magnifiques collant parfaitement au sentiment de solitude et de désolation du récit tout en restant épique. Le seul problème, c’est que la musique ressemble beaucoup trop à un mix entre celle de The Dark Knight et de Tron Legacy. Par moment on se demande si ce n’est pas Zimmer qui a composé la musique du film.

Et un petit mot personnel sur la scène où l’on entend la chanson A Whiter Shade of Pale de Procol Harum, merci, enfin j’ai pu entendre cette chanson digne de la fin du monde dans un film de SF, il était temps, surtout qu’elle est extrêmement bien utilisée.

Pour conclure, Oblivion est un bon film de SF, efficace, assez original par les temps qu’il court en matière de blockbuster mais qui pêche par un scénario encore trop classique, inégal et déséquilibré pour convaincre pleinement. Mais il faut reconnaitre qu’esthétiquement c’est probablement la claque visuelle de l’année comme l’Odyssée de Pi l’année dernière (Claudio Miranda encore).

Allez Joseph, ton troisième film sera le bon, celui qui nous mettra tous d’accord sur le fait que tu es un grand réalisateur qui n’a pas eu des bons scripts jusqu’à maintenant.

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Une réflexion sur “Critique Oblivion

  1. J’ai également eu la même impression concernant l’OST !! Etant fan de celles de Tron et de la trilogie TDK, j’ai de suite pensé qu’elle était composée par Zimmer lors du visionnage du film. (Cette OST ressemble très étrangement à celles de la trilogie TDK…). Il suffit d’écouter les titres « Waking Up » ou « You can’t save her » pour s’en convaincre.

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