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Critique Star Trek Into Darkness et résumé de la masterclass avec J.J. Abrams

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Le 26 avril 2013, j’ai eu l’honneur et le privilège d’assister à l’avant-première de Star Trek Into Darkness, suivi d’une masterclass avec le maître actuel de la SF à Hollywood, j’ai nommé Mr J.J. Abrams. Bien évidemment, je ne pouvais que vous faire une critique du film ainsi qu’un petit résumé de cette masterclass enrichissante pour le cinéphile dormant en moi.

Dans le premier Star Trek (2009), Abrams avait réussi un bel exploit, attirer le grand public dans le monde des trekkies et donner un coup de jeune aux Spock, Kirk, Starfleet et consorts. Le film était un beau mélange de fun et d’action, permettant de découvrir l’univers de la saga et revenant sur les origines de la rencontre de l’équipage de l’USS Enterprise. Le film avait de nombreux défauts (méchant plus que moyen, univers un peu survolé sur certaines questions) mais permettait un réel reboot de la saga.

C’est ici qu’intervient Star Trek Into Darkness, suite directe du premier opus ou nos héros sont devenus officiellement des officiers de Starfleet.

Petit mot sur la promotion du film, assez classique pour un film d’Abrams avec des bandes annonces plus qu’explicite sur le spectacle auquel on va assister, qui en réalité est très intelligente car nous montrant beaucoup sans rien nous expliquer. Donc de ce côté pas de problème, on sera réellement surpris en voyant le film.

Je ne vous fais pas languir plus longtemps, le film est une très belle réussite sur de nombreux points et vous pouvez aller le voir les yeux fermés durant la saison des blockbusters estivaux. JJ Abrams a su relever le pari du 2ème épisode haut la main, en apprenant de ses erreurs et en continuant à explorer les réussites de son premier opus.

Voici le synopsis de l’histoire:

Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos… Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive. Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.

La vraie réussite du premier Star Trek tenait dans l’explication de la rencontre liant Kirk à Spock et comment leurs destins convergeaient dans le même sens malgré l’opposition entre leurs personnalités. STID est le 2ème acte de la fondation de cette relation puisqu’il développe réellement l’amitié se dessinant entre les deux personnages (Zachary Quinto est exceptionnel, sorte de bombe à retardement tout en retenu dans ce personnage tiraillé entre ses origines vulcaines et ses origines humaines, à la fois impassible et montrant beaucoup dans son regard, Chris Pine dont je ne suis pas très fan s’en tire très bien, il a considérablement amélioré son jeu par rapport au 1er).

Les scènes entres les 2 héros sont tour à tour touchantes, drôles et tragiques et transforment leur relation en une sorte de « bromance intergalactique » un peu à la façon de la série Sherlock Holmes de la BBC.

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Transition toute trouvée pour parler du second point fort du film: le méchant John Harrison campé par un Benedict Cumberbatch au sommet de sa forme. Abrams n’a pas oublié  le dicton que meilleur est le méchant, meilleur est le film et corrige ici un des gros problèmes du premier film.

J’ai beau être fan d’Eric Bana, le capitaine romulien Nero dans le premier épisode était franchement mal écrit, manquant de charisme et doté d’un maquillage n’arrangeant rien.

Ici on oublie ce raté et on repart sur des bases plus saines. Ce terroriste au sein de Starfleet est un méchant d’exception, extrêmement ambiguë, intelligent, froid, cruel, manipulateur, doté d’une force et d’une violence rare mais aux motifs compréhensibles. Le personnage est extrêmement bien écrit, tout en nuance et restera dans les annales des méchants en film SF.

Je vais même oser le dire, oui, le méchant de ce Star Trek est le meilleur méchant que j’ai vu au cinéma depuis le Joker de The Dark Knight, ce qui n’est pas peu dire !

Cumberbatch fait des merveilles dans son rôle, extrêmement crédible dans toutes les situations, doté d’un charisme démentiel me faisant dire qu’il se « Alan Rickmanise » de plus en plus. Il n’a pas besoin de dire beaucoup de mot ou de dégommer des ennemis pour impressionner son monde avec une autorité naturelle assez déconcertante malgré un physique pas forcément impressionnant.

L’affiche du film déclarait que « Le monde va sombrer », le monde de l’Enterprise va effectivement tomber bien bas face à cet ennemi qui se déclare lui-même supérieur en tout (mais je vous en dirais pas plus bande de petits curieux).

On retrouve aussi avec plaisir l’équipage de l’USS Enterprise: Scotty (Simon Pegg toujours aussi hilarant bien que capable de gravité) l’ingénieur écossais, Nyota Uhura (Zoe Saldana ayant un rôle plus développé que dans le 1er) chargée des communications, McCoy (Karl Urban toujours aussi excellent en sidekick du capitaine Kirk) le médecin, de Pavel Chekov (Anton Yelchin et son accent russe toujours aussi discret) chargé de la communication ainsi qu’Hikaru Sulu (John Cho qui prend lui aussi du galon). Ils sont ici rejoins de la belle Alice Eve, Peter Weller et Bruce Greenwood revient dans son costume d’amiral qui lui sied à merveille.

Comme d’habitude dans les productions d’Abrams, le casting est fou, se donnant à 200%, de ce côté-là rien à redire.

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De même pour les effets spéciaux, les décors, les costumes… On sent que le budget est supérieur au 1er et qu’Abrams a pris plaisir à faire joujou avec tous ses nouveaux moyens à sa disposition. D’ailleurs, le film a été tourné en partie en Imax puis converti en 3D.

Comme vous le savez, je suis un grand défenseur de l’Imax qui donne une ampleur démultiplié aux films, par conséquent je vous encourage à le voir en Imax pour profiter du film dans les meilleures conditions possibles (et savourer la magnifique OST (pour changer) composé par Michael Giacchino). Je resterai plus réservé sur la 3D souvent magnifique (dans certaines scènes d’action notamment) mais parfois invisible. J’ai pu le revoir en salle normale et la 3D assombri malheureusement beaucoup trop le film. Un peu dommage donc si vous le pouvez, allez le voir en 3D, ça vaut franchement le coup.

L’imaginaire des scénaristes et de la direction artistique se sont lâchés, nous montrant des planètes à forêt rouge, ou désertique, des métropoles du futur impressionnantes, des champs de débris dans l’espace, des batailles spatiales, des nouveaux extraterrestres, des intérieurs des vaisseaux toujours plus beaux… Là encore, Abrams nous livre un magnifique produit destiné au divertissement au sens noble du terme et continue de se rapprocher de son père spirituel qu’est Steven Spielberg (la scène d’ouverture est quasiment un hommage à Indiana Jones).

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Il faut dire que le style d’Abrams est magnifique, il aère ses plans, suit ses personnages dans de magnifiques traveling plutôt que faire du montage épileptique ou de la caméra à l’épaule. Il alterne parfaitement entre gros plan et plan plus large et ose plusieurs idées de mises en scène audacieuses et épatantes sans pour autant tomber dans l’épat pour l’épat.

Visuellement c’est presque un sans-faute sur tous les tableaux (par contre J.J. je t’en supplie à genoux, les lens flare faut arrêter d’en mettre absolument partout, c’est joli dans 2 ou 3 plans mais  pour le reste c’est moche et inutile) et le film m’a rassuré sur les capacités d’Abrams de pouvoir réaliser un Star Wars sur le plan purement stylistique.

Dernier élément à analyser, bien évidemment l’histoire du film est-elle à la hauteur de l’attente ? C’est sur ce point que le film me partage le plus, alternant excellentes idées, défauts et manques pour en faire un chef d’œuvre de SF.

L’histoire fait beaucoup penser à celle du précédent opus sur de nombreux points (relations entre les personnages, introduction du méchant, le côté tête brûlé de Kirk…) ce qui donne parfois un léger sentiment de répétition notamment dans le premier acte du film.

Ensuite, les scénaristes, habituels collaborateurs d’Abrams (Roberto Occi, Alex Kurtzman & Damon Lindeloff) ont visiblement été bien inspiré par la trilogie TDK de Nolan (oui, toujours lui). Dans le rythme du film, certains twists, le personnage du film tellement brillant qu’il a 10000 coups d’avance sur tout le monde alors qu’il donne l’impression d’improviser en permanence, un final léthargique se référant encore à l’après 11 septembre, voir même une certaine scène dans le 3ème acte du film qui fera inévitablement penser à une séquence d’Inception sur le plan formel… Bref beaucoup d’élément du film renvoie à Nolan et même si je suis fan de son style, il est vrai que c’est lassant de voir son style d’écriture de plus en plus copié dans tous les blockbusters hollywoodien, cela manque un peu de fraîcheur.

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Toutefois, l’histoire a un vrai style entre humour, intrigue politique et tragique. JJ Abrams fait la somme de ce qui marche le mieux en ce moment dans le monde du cinéma, la mélancolie torturée de Nolan et le fun décomplexé des productions Marvel pour nous livrer une sorte de thèse du blockbuster idéal qui envoie du pâté.

Le film est un vrai rollercoaster d’action et d’émotion, les scènes dantesques succèdent aux scènes dantesques, les punchlines s’enchaînent à une vitesse délirante, les twists se multiplient au fur et à mesure que l’histoire avance et l’on est complètement immergé dans les scènes épiques du film.

Pour conclure, à part peut-être un très léger manque d’originalité du scénario et aussi un manque de réflexion sur cette société utopique (la SF c’est quand même réfléchir sur les problèmes actuels du monde et c’était le gimmick original de la série) sans pour autant demander du Kubrick, le film remplit toutes ses promesses et va même bien au-delà.

Abrams nous livre un excellent film de SF, diablement efficace on ne peut plus divertissant, fun et émouvant en même temps. Il sera très probablement dans mon top 10 de l’année sauf grosse surprise à venir.

  • Résumé de la masterclass

Après la projection, JJ Abrams est venu répondre aux questions d’un journaliste qui était pour une fois plutôt correctes et pertinentes. On a pu apprendre notamment les dessous de la création du film.

Pour l’anecdote, Benedict Cumberbatch a passé une audition devant Abrams via la caméra de son Iphone et à J.J. d’ajouter qu’il était tellement bon juste sur son téléphone qu’il n’osait pas imaginer le résultat devant une caméra (il nous a d’ailleurs recommander de le recruter si l’on voulait faire un film).

Il nous a aussi expliqué que la scène d’ouverture (qui au passage est magnifique) se voulait dans la même veine que les scènes de pré-générique des James Bond, installant immédiatement l’intrigue tout en étant spectaculaire.

On a pu apprendre qu’il n’était pas très fan de la 3D (à la base il ne voulait pas réaliser le film en 3D mais que Paramount l’a obligé pour des raisons financières) ni des fonds verts. Il préfère et demande à ce que ces plateaux soient construits, ne serait-ce que partiellement pour pouvoir filmer de « réelles choses » et pour faciliter le jeu des acteurs. Il préfère d’ailleurs tourner en extérieur pour pouvoir réellement jouer sur la lumière.

On a pu apprendre comment fonctionnait sa direction d’acteur, et qu’il préférait que ses acteurs ressentent l’émotion du personnage quitte à ce que cela reste discret plutôt qu’ils surjouent leurs personnages.

Il a encore adressé une lettre d’amour à Steven Spielberg, tout en expliquant qu’il adorait le cinéma mainstream mais aussi le cinéma d’auteur comme celui de David Lynch (dont il aimerait beaucoup voir sa version de Star Trek) ou encore de David Cronemberg.

Il nous a expliqué sa rencontre avec Kathleen Kennedy (productrice attitré de Spielberg et productrice du futur Star Wars) et que pour l’instant rien n’était encore réellement développé pour le prochain Star Wars mais que des équipes commençaient à bosser dessus.

Il nous a aussi expliqué sa culture du secret sur ses projets en nous expliquant qu’il détestait voir des trailers, BA, sneek peaks, des pubs et des behind the scene avant la sortie du film car cela révélait à chaque fois toute l’intrigue du film.

On a aussi pu apprendre qu’à la base, le personnage de Jack dans Lost devait mourir dans le pilote mais que les pontes d’ABC ont demandé à Abrams de le laisser vivre car il ne pouvait pas tuer un personnage dès le pilote.

Pour conclure, je me suis retrouvé devant un grand artiste, fun et modeste qui ne se prend pas au sérieux mais qui travaille très sérieusement, qui a eu la gentillesse de rester un peu pour signer des autographes (j’en ai eu uuuunnnnnnnnnnnnnnnnnnn !). Une belle rencontre qui me pousse à m’intéresser encore un peu plus à son univers riches et foisonnant.

Ci-dessous quelques photos du maître et de mon autographe.

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4 réflexions sur “Critique Star Trek Into Darkness et résumé de la masterclass avec J.J. Abrams

  1. Pingback: Critique Oblivion | howimetmydreams

  2. Comme tu le sais déjà, j’ai adoré ce film. Tout d’abord, il est très réussi esthétiquement, à l’instar de la scène d’ouverture. Ou même le reste des scènes qui sont parfaitement « réelles ».

    Ensuite, le casting/jeu d’acteur est parfait avec ma préférence pour le trio Simon Pegg/John Chu/Zachary Quinto. Dans le même point, je dirais que l’esprit de famille, qui est génial, fait beaucoup pour l’appréciation du film. Tout comme le fait que le film est basé en partie sur un monde qu’on connait (La Terre, Londres) sans pour autant en oublier qu’on est dans de la science fiction. Un joli compris en résumé.

    Au niveau du scénario, il est loin d’être « compliqué » et plutôt basique mais ça fonctionne. Un petit peu plus de recherche et d’originalité n’aurait pas fait de mal. Et étrangement, j’avais les yeux grands ouverts pour découvrir ce qui se passait. SPOILER SUR LA FIN : J’aurais aimé une fin moins « heureuse », avec un suspens ou des questions. J’ai même imaginé que le film coupe avec Khan qui se réveille. Parlant de lui, il m’a bluffé. Je ne suis pas fan de l’acteur mais objectivement, quel charisme et présence ! Pour un méchant, c’est réussi.

    Techniquement, pour la 3D, et pour ne pas changer, c’est pas nécessairement utile. Quelques effets sont réussis et pour moi qui n’apprécie pas cette technologie, j’avoue avoir été complètement imprégné dans STID. Mais au final, si on retire le beau générique, la 3D est en encore loin d’être à la hauteur de ce qu’on pourrait en faire.

    Personnellement, je n’accroche pas du tout à Star Wars mais ici, j’ai adoré. Souvent, Si on mele l’un, on l’aime l’autre. Pas moi.

    Bref, comme je le disais plus haut, l’équipe de l’Entreprise et es bases auxquelles ont peu se rattacher ont fait beaucoup. Le rôle du méchant convient parfaitement et même si le scénario n’est pas exceptionnel, je suis resté scotché à mon siège, voulant savoir le dénouement et découvrant par la même occassion un monde inconnue, celui de Star Strek, dans lequel je me replongerai avec plaisir.

  3. critique géniale comme toujours. et sur « Je vais même oser le dire, oui, le méchant de ce Star Trek est le meilleur méchant que j’ai vu au cinéma depuis le Joker de The Dark Knight, ce qui n’est pas peu dire ! » je suis ENTIÈREMENT D’ACCORD ! bon je n’ai pas vu TDK (oui tu peux me taper, promis je le regarde dès que je peux). Benedict était fascinant. moi qui était surtout là pour Spock… j’en suis ressortie, on va pas se mentir, amoureuse de son personnage. Le méchant romulien n’étais pas aussi intéressant, je l’ai trouvé fade mais celui de John… j’avais limite de la compassion pour lui. Je ne connais pas la série Sherlock mais je pense que je vais m’y mettre. Star Trek est un univers que j’adore, je n’ai pas été déçue par cette suite qui, pour ma part, est un niveau aussi du premier.

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