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Critique The Fall

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The Fall, film sorti en 2006 qui n’aura jamais franchi les portes d’un cinéma français, est le parfait exemple de la non logique des producteurs et distributeurs. En effet ce film est impressionnant de maitrise, sans pour autant être un chef d’œuvre, et aurait infiniment mérité un visionnage par le plus grand nombre au vue de l’originalité du projet.

Réalisé, coécrit et coproduit par Tarsem Singh, présenté par Spike Jonze et David Fincher (excusez-moi du peu), ce 2ème film du réalisateur possède une folie visuelle et une originalité esthétique bouleversante. L’histoire est peut être très (trop ?) simple. Dans les années 20, à Los Angeles, une petite fille roumaine (Catinca Untaru, exceptionnelle performance pour son unique rôle au cinéma) est hospitalisée à la suite d’un accident. Pendant sa période de rétablissement, elle croise au gré de ses promenades dans l’hôpital un cascadeur (Lee Pace fabuleux), lui aussi gravement blessé à la suite d’une cascade ratée. Cette rencontre va permettre au cascadeur, bloqué dans son lit, de se servir de la petite fille pour lui récupérer des cachets de morphine dans le but de se suicider. En échange, la petite fille exige que le cascadeur continue l’histoire qu’il avait commencé à lui raconter pour l’amadouer.

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Le film nous montre alors parallèlement les rapports entre ces deux êtres perdus et l’histoire du cascadeur.  On comprendra très vite que le cascadeur improvise son histoire au fur et à mesure des évènements et de ses changements d’humeur, s’inspirant en très grande partie de sa propre vie mais aussi des pensionnaires de l’hôpital. Les parallèles entre les deux dimensions de l’histoire sont subtils, parfois incompréhensible, parfois magnifique (dans le dernier tiers du film).

Malheureusement, c’est là où le bât blesse dans ce film, le scénario dispose de plusieurs niveaux de lecture mais les différentes intrigues se révèlent toujours simplistes. Faire un film poétique ne veut pas dire faire un film inconsistant, c’est malheureusement l’impression que l’on a devant certaines scènes laissant à penser qu’elles ont été filmées pour les décors montrés bien plus que pour le déroulement de l’intrigue. Toute la partie conte reste aussi très peu développée, ce qui est malheureux car la connexion émotionnel avec ses personnages reste superficiel. Néanmoins, c’est la seule critique que l’on pourra infliger à ce film : une histoire assez faible pour une réalisation hallucinante.

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En effet, peu de film peuvent se targuer d’avoir connu un tournage de plus de 4 ans, à travers une vingtaine de pays, entièrement filmé en décor réel avec des milliers de figurants. C’est pourtant le cas de ce conte qui commence par une séquence introductive assez incroyable, composé de ralentis somptueux, sur le 2ème mouvement de la 7ème symphonie de Beethoven (incroyable de voir à quel point ce morceau rend n’importe quelle scène magique) et une image sépia nous montrant l’accident du cascadeur. La photographie est parfaite, je n’ai pas d’autre mot pour décrire les images composant ce film de presque 2h. Le chatoiement des couleurs, le mélange des décors et paysages extravagants, qui plus est rarement filmé, permet à Tarsem de nous livrer un film coloré doublé d’une véritable aventure. Les divers monuments visités dans le film, qu’ils se trouvent en Inde, en Chine, en Turquie, ou encore dans les iles Fidji donnent un réel cachet au film et un air de jamais vu. A grand renfort de plan large et de ralentis (on retrouve le côté clipper du réalisateur), le film nous fais réellement voyager, on en prend pleins les yeux et c’est cela qui fait l’intérêt du film. L’histoire est réellement racontée par la force de ses images, par la composition de ses plans, par ses costumes et ses effets spéciaux. C’est une chose à signaler car, de plus en plus souvent au cinéma, les films reposent plus sur les émotions des acteurs, les dialogues ou le découpage du film plutôt que sur les images elles-mêmes.

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Le film est un réel rêve éveillé, doublé d’une ode sur la force des histoires, renvoyant face à lui-même le spectateur venu se faire raconter une histoire. C’est pour cela que je vous recommande le visionnage de ce film, car c’est un magnifique ovni, onirique et poétique à souhait, lumineux visuellement mais sombre de par son histoire avec un très beau dénouement. Car c’est un film injustement méconnu alors qu’il est peut-être le plus beau film visuellement parlant des années 2000 et qu’il mérite d’être un peu plus reconnu.

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2 réflexions sur “Critique The Fall

    • De rien, ça faisait des années que je voulais le voir car l’affiche du film m’avait marqué plus jeune et pendant presque 5 ans j’ai recherché le titre du film dont je ne me souvenais plus. C’est vraiment un film qui mérite d’être vu, une belle histoire 🙂

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