Accueil/Cinéma/Critique

Critique Shutter Island

shutter_island_hd_67627-1280x800

Le brouillard, juste un simple brouillard puis un son inquiétant et une ombre qui surgit. C’est sur ce premier plan magistral que s’ouvre le chef d’œuvre de Scorsese : Shutter Island.

Shutter Island est thriller psychologico-dramatique sorti en 2010. Il s’agit d’une adaptation assez fidèle du roman éponyme de Dennis Lehane, actuellement un des meilleurs écrivains actuels en matière de thriller. Tous ses bouquins donnent lieu à des adaptations sur grand écran (Mystic River, Gone Baby Gone) et sont de véritables bijoux d’écriture que je ne peux que vous recommander de lire.

Le synopsis est le suivant :

En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou cryptogramme ?

De ce début d’enquête policière va s’ensuivre un voyage en enfer pour le spectateur et le personnage de Dicaprio, véritable parcours du combattant dans les tréfonds psychologiques les plus noirs et compliqués imaginables. On constate très rapidement que l’enquête n’est pas qu’une simple enquête et que Teddy est directement concerné par cette affaire et plus particulièrement cet asile. Teddy a perdu sa femme dans un incendie et le pyromane se trouverait sur l’île. Toutes les frontières se mélangent alors : enquête ou vengeance ? Hasard ou complot ? Passé ou présent ? Réalité ou imagination ?

shutter-island-03-03-2010-02-10-2009-1-g

DiCaprio et Scorsese pendant le tournage.

En effet, Scorsese ne nous livre pas un ordinaire film policier mais un film d’ambiance. Ici pas de décor banal et d’interlocuteur conciliant, tout est dérangeant et ambigu du début à la fin. L’angoisse sera présente du premier plan à la fin du générique. C’est asile perché sur une île perdue est un véritable décor de film d’horreur, peuplé par les fous les plus dangereux des Etats Unis de l’époque et dont aucune prison ne veut. L’équipe médicale est renfermée sur elle-même, ne laissant rien paraitre mais refusant d’aider les marshals. Même le nouveau coéquipier de Teddy à l’air de cacher des secrets. La désagréable impression que tout le monde ment à tout le monde transforme cette enquête en jeux de chat et de la souris pour démêler le vrai du faux.

Scorsese nous livre un véritable puzzle psychologique, dont l’ambiance extrêmement violente et malsaine nous fais cramponner à nos sièges jusqu’au dénouement final de l’histoire. Les paysages sinistres, le climat sombre, les bruitages stressant, les décors lugubres, les costumes, la photographie (sublime) et même les raccords, tous ses éléments se mélangent parfaitement pour nous tromper du début à la fin et participeront à ce sentiment de cauchemar éveillé.

Sur fond de musique classique obsédante, les dessous de l’intrigue se dessine à petit pas jusqu’à l’excellent final qui vous donnera envie de revoir le film encore maintes et maintes fois. Le film alterne parfaitement entre flashback oniriques visuellement époustouflant (les séquences avec sa défunte femme, les séquences de guerre), l’intrigue policière et frisant parfois avec le film d’horreur (la tempête, le bloc C, le phare).

photo-Shutter-Island-2009-5

3 acteurs en état de grâce dans ce film !

Le casting y est brillant, Dicaprio en tête qui nous livre un rôle de 1er plan en marshal meurtri ayant soif de vérité et de vengeance (très intéressant de voir que la même année il a joué exactement le même rôle dans le film Inception) suivi de près par le toujours excellent Mark Ruffalo qui trouve ici son meilleur rôle à ce jour. Tous les autres seconds rôles sont parfaits, Ben Kingsley et Max Von Sydow forment un tandem machiavéliques, Michelle Williams, Emilly Mortimer ou même encore Jackie Earle Haley.

Pour conclure, Scorsese nous livre un de ses meilleurs films, à mi-chemin entre du Hitchcock et du Kubrick, tout en collant parfaitement à ses thématiques habituelles et dont on ne se lassera pas de le redécouvrir encore et encore malgré l’ambiance très pesante du film. Probablement un des films les plus aboutis que j’ai eu la chance de voir en salle et que je vous recommande fortement !

Publicités

2 réflexions sur “Critique Shutter Island

  1. Un grand monsieur ce Scorsese, DiCaprio est le digne héritier de De Niro dans ces films où la folie se mêle à la pellicule (Aviator et Shutter Island tout particulièrement) !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s