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Critique Django Unchained

Django-Unchained

Django, c’est un double rêve de cinéphile. Premièrement, c’est un rêve pour Quentin Tarantino, qui après 8 films s’attaque enfin frontalement au genre du western spaghetti après n’avoir fait que l’évoqué dans toute sa filmographie. Le second, c’est un rêve pour tous fans de Quentin Tarantino de le voir « enfin » s’attaqué à un western.

L’action prend place dans le Sud des Etats Unis avant l’abolition de l’esclavagisme. Django est un esclave, mais plus pour très longtemps. Sa route croisera celle d’un ancien dentiste allemand recyclé en chasseur de prime le Docteur King Schultz, ayant besoin de lui pour identifier ses prochaines cibles. En échange des informations de Django, Schultz le libère et lui promet de l’aider à secourir sa femme dont il a perdu la trace.

Jusque-là, on reste dans un synopsis somme toute classique d’apprentissage et de vengeance. Oui sauf que nous sommes chez Tarantino, et que rien ne se passe comme prévu; ou plutôt si mais version Tarantino. En effet, le film ne pourra pas être renié par son auteur tellement son style transpire dans chaque plan de ce film de 2h40. Si vous n’aimiez pas le réalisateur, passez votre chemin, tous les autres, vous allez être fan. De la BO à la réalisation en passant par les dialogues plus savoureux les uns que les autres, la transposition du style tarantinesque au western opère parfaitement.

Doté d’un casting excellent (comme toujours chez ce vieux Quentin) on retrouvera des habitués et des petits nouveaux.

Pour les nouveaux, nous retrouvons en tête Jamie Fox, excellente surprise car je ne le voyais pas du tout dans ce genre de rôle. Il campe un Django charismatique, sombre et drôle à souhait sans pour autant le transformer en superhéros. Il y a aussi DiCaprio dans ce qui est probablement son réel 1er rôle comique doublé de son premier rôle de réel connard. Et ce genre de rôle lui réussit plutôt bien, il campe un propriétaire terrien à vous glacer le sang, une sorte de bouffon sadique qui vous effraiera autant qu’il vous fera rire. Enfin Kerry Washington qui joue le rôle de Broomhilda, la dulcinée de Django, est pour moi la déception du casting. Je ne sais pas si c’est le personnage qui est mal écrit ou si c’est elle qui le joue mal mais je n’ai pas du tout accroché à son histoire.

Pour les habitués, le toujours parfait Samuel L. Jackson reprend du service dans le rôle d’un serviteur désopilant encore plus raciste que les blancs. On retrouve aussi le fabuleux Christophe Waltz qui après avoir joué un  méchant dans Inglorious Basterds interprète ici un allemand gentil. Les deux acteurs confirment pour moi qu’ils sont définitivement les meilleurs acteurs ayant joué chez Tarantino, s’adaptant parfaitement à ses personnages et son phrasé si spécifique.

On retrouvera aussi des caméos plus délirant les uns que les autres, notamment Franco Nero qui interprétait le Django original dans le western de Corbucci ou encore Jonah Hill, Don Johnson et Quentin Tarantino himself.

Le scénario marque un tournant dans la filmographie de son auteur. Si l’on retrouve les fameux dialogues tarantinien, l’humour si particulier du réalisateur, les explosions subites de violence, les scènes d’actions plus épiques les unes que les autres, le ton est différent. Je parlerai même de 1er film mature de Tarantino car le ton est bien plus sérieux, politique et dramatique que dans ses précédents films. L’esclavagisme n’est pas ici qu’un prétexte mais permet de dénoncer les mentalités et les horreurs de l’époque. L’impression que donnaient ses films d’être des musées du cinéma piochant par-ci par-là tel ou tel truc s’estompe, comme si un véritable style Tarantino se dégageait enfin.

Si les dialogues sont toujours exceptionnels, je les ai trouvé un poil en dessous de ceux d’Inglorious Basterds. Mais Quentin compense cette mini baisse de régime en atteignant des sommets dans 2 autres domaines : les fusillades et la BO.

Jamais il n’aura été aussi inspiré en matière de violence que dans ce film. Le nombre de scène culte est incalculable dans ce film : la 1ère scène du film, la 1ère apparition de Django en chasseur de prime, les fusillades à Candyland… J’en passe et des meilleurs, les scènes violentes sont rares mais n’ont jamais été aussi bien filmé chez lui.

Quant à la bande originale, chose aussi attendu que le film lui-même pour tout nouvel opus du maître, elle est juste incroyable. Elle alterne entre titre préexistant et nouveauté, entre pure musique de western et grand n’importe quoi. Et encore une fois, la recette marche à la perfection, mélanger le requiem Dies Irae de Verdi à un mashup 2Pac/James Brown, des raps de John Legend, Rick Ross en passant par Ennio Morricone et des pépites méconnues… Il n’y a que Tarantino pour le faire. J’écoute la BO tous les jours depuis une semaine et je ne m’en lasse absolument pas.

Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que Django, 2ème film d’une trilogie surnommé la trilogie des Basterds, commencé par Tarantino avec Inglorious Basterds réutilise le morceau Fur Elise déjà présent dans ce dernier. Serait il possible que ce morceau lie sa future trilogie ?

Techniquement le film est irréprochable, les paysages, les décors, les costumes… Le tout colle parfaitement à l’univers du film. Tarantino alterne entre une mise en scène très classique et sérieuse collant à la dureté du sujet ainsi qu’au genre du western et une mise en scène très « cartoonesque » avec des zooms ultra rapides, des ralentis et des bruitages hilarants ainsi qu’une photographie par moment assez pop !

Pour conclure, Tarantino continue à nous impressionner par ses idées folles de scénariste et de réalisateur en nous livrant très probablement un futur classique ainsi qu’un des meilleurs films de l’année (et un de ses meilleurs films personnel). On reste toujours émerveillé par sa capacité à nous montrer une violence hyper graphique et par sa science aigue des scènes et dialogues cocasses. On a déjà hâte en sortant de la salle de revoir Django et d’entendre parler d’un nouveau film de Tarantino.

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Une réflexion sur “Critique Django Unchained

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